Assemblée du 14 janvier au Jas de Bouffan sur la non violence

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Assemblée du 14 janvier au Jas de Bouffan sur la non violence

Message  Le_Pandu le Mer 18 Jan - 10:45

Petite introduction pour lancer le débat

On se pose toujours la question de la violence quand on veut changer une situation qui ne nous
convient pas ou qui nous fait souffrir,
Quelle attitude adopter face à un comportement que l'on juge agressif ?
Faut il répondre à la violence qu'on nous fait subir par une autre violence ? Est ce légitime et
réellement efficace pour faire cesser l'agression ?
Sommes nous condamnés à la violence ou pouvons nous trouver une autre réponse comme la non
violence par exemple ?
Si on veut définir la non violence peut être faut il d'abord s'interroger sur ce qu'on appelle violence.
Il y a la violence subie, celle qui nous affecte directement et qui ne peut être niée mais il y a aussi la
violence ressentie, celle qu'on a du mal à nommer et à démontrer,
Ce peut être une violence individuelle comme l'incivilité,le manque de respect ou bien sûr
l'agression physique, il peut s'agir aussi d'une violence collective ou institutionnelle comme la
violence « légitime » de l'état ou bien la discrimination sociale.
Si on pense que la violence est une fatalité et qu'elle peut être subjective alors tout acte estimé non
violent par les uns peut être jugé comme extrêmement violent par les autres, comme par exemple la
désobéissance civile jugée comme une violence faites à l'état ou la juste répartition des richesses
vue comme un agression d'une violence extrême par les riches.
Si on ne peut nier la réalité de la violence et si on estime qu'il est inimaginable qu'on puisse un jour
l'éradiquer alors il faut trouver des outils pour que les conflits se résolvent autrement que par des
rapports de force et la violence.
La non violence peut être un de ces outils.

Le débat

On vit dans un monde violent, elle est de partout, dans la rue,dans les rapports humains..... Par
exemple les voitures qui klaxonnent par ce qu'on ne démarre pas assez vite au feu rouge c'est déjà
de la violence. L'incivilité c'est aussi une violence....j'ai du mal à rester debout et une personne a
refusé de me céder sa chaise en me disant que je n 'avais qu'à arriver avant ; je ne lui ai pas répondu
violemment je lui ai fait simplement un grand sourire en lui disant « merci beaucoup pour votre
gentillesse ». En fait je l'ai mis en face de sa responsabilité et de son comportement violent à mon
égard. Je crois que face à ces attitudes il faut renvoyer à l'autre l'image de sa propre violence.
La violence elle nait de l'injustice mais il faut la combattre au plus profond de nous mêmes.
La violence est présente dans notre quotidien..........C'est en disant ce qui ne va pas qu'on trouvera
une solution, pas en utilisant la violence.
Je ne sais pas si ça a un rapport avec le débat mais je vais vous raconter une petite expérience que
j'ai vécu il y a peu à la sécu.
Je suis en train de préparer mon dossier pour la retraite et je suis allé à la sécu ; il n'y avait plus de
tickets dans le distributeur et tout le monde faisait la queue debout pour ne pas perdre sa place, alors
qu'il y avait des chaises le long du mur. Il y avait des personnes âgées qui faisaient la queue et
finalement on s'est organisé spontanément entre nous pour que ces personnes âgées puissent s'assoir
sans perdre leur tour ; tout ça s'est passé dans le calme sans que personne n'élève la voix.
En fait si on coopère tous il ne peut pas y avoir de violence.
Par contre une fois arrivé au guichet je me suis trouvé en face d'une personne qui parlait très fort ;
j'étais gêné car dans le dossier il y a des choses très personnelles et on n'a pas envie que d'autres
puissent les entendre. L'agent continuait à parler très fort et moi je vivais ça comme une violence.
J'avance l'idée que pour éviter la violence que ce soit à l'école, dans les institutions, dans les
quartiers.....il faut paradoxalement éviter le consensus et favoriser le conflit. On peut dépasser la
violence par le dialogue, en la mettant en parole : c'est le conflit d'idées. Il faut aussi apprendre à
transformer la souffrance en propositions.
Le premier acte de dépassement de la violence c'est le dialogue, il faut ensuite traduire la
confrontation d'idées en savoir collectif.
On peut créer des structures de conflit qui seront un outil efficace pour dépasser la violence par la
parole.
J'ai du mal à parler, je suis handicapée de la parole. Il y a les bons et les méchants. Les méchants
sont ceux qui ne me voient que comme une handicapée et les gentils sont ceux qui s'adaptent à mon
parler.
On peut éviter la violence en s'adaptant aux autres.
Un des thèmes du débat est de savoir si la non violence est un moyen efficace pour lutter contre les
injustices.
Elle l'a été parfois dans l'histoire et le meilleur exemple en est Gandhi qui a revendiqué et obtenu
l'indépendance de l'Inde par des moyens non violent comme le boycott ou des marches pacifiques.
Ici à Aix nous organisons des cercles de silence pour protester contre les injustices, ça peut être
efficace.
Mais il y a aussi des exemples dans l'histoire qui nous montrent qu'elle n'est pas toujours suffisante.
En Afrique du sud on a tenté pendant de longues années la voie de la non violence, sans résultats, et
il a fallu par la suite utiliser des méthodes violentes pour obtenir enfin la fin de l'apartheid.
Quand la non violence ne fonctionne pas il faut trouver une autre solution ; dans tous les cas il ne
faut pas se laisser faire.....
On doit sortir de la violence qu'on a en nous et on doit aussi reprendre conscience de nous mêmes.
Il faut mettre les gens face à leur responsabilité.
La défense de la propriété privée est la première cause de la violence aujourd’hui, et je voudrais
qu'on trouve un consensus pour qu'elle n'existe plus.
Certains parlent aussi de faire sécession, c'est à dire de construire à côté du système tout n
l'ignorant. Il faut fuir la violence imposée par le système car en se confrontant à lui on ne fait que le
renforcer.
La première des violences c'est l'indifférence et la concurrence de tous contre tous. Il faut
réapprendre aux gens à se parler entre eux et à passer les frontières tracées à travers les pays, à
travers des quartiers ou des familles,
Je vois aussi un autre type de violence, la pire, celle qu'on fait à soi même. L'homme qui s'est
immolé en Tunisie l'a fait suite à une agression, il a fuit la violence de l'autre en s'infligeant une
violence encore plus grande envers lui même, d'autres fuient. avec la drogue ou l'alcool .
La fuite peut être une réponse à la violence mais elle est dangereuse.
La prison est d'une très grande violence , L'univers carcéral ne fait rien pour l'éradiquer. Par
exemple les violeurs d'enfants sortent de prison sans avoir vu de psychologues puis ils récidivent et
retournent en prison. On ne leur laisse pas le choix.
Je voudrais parler aussi de la violence faites aux enfants par les adultes. Je suis le papa de trois
garçons et le plus jeune me pousse particulièrement à bout et quand je le vois se battre avec ses
frères j'ai envie de le frapper moi aussi et je n'aime pas ressentir cette violence en moi. Je suis allé à
l'école des parents pour suivre une thérapie et j'ai pu échapper à cette violence qui m'envahissait.
50% des gens pensent que la fessée est une bonne chose et 50% pensent que c'est une mauvaise
chose. J'ai du mal à penser comme les premiers, et d'ailleurs pourquoi les frapper sur les fesses ?
Il faut faire face à la violence sinon on finirait acculé contre soi même. On ne peut pas fuir la
violence, il faut la combattre.
Pour lutter contre la violence recréons du dialogue, du lien social. On peut désarmer la violence par
un sourire.
La violence d'état s'exerce sans vergogne ; Par exemple un militant corse a été incarcéré sans qu'on
montre à son avocat la moindre preuve. Il y a aussi le harcèlement des roms ; si on veut dire qu'il y
a un comportement humain pour traiter ces affaires là on nous répond que c'est la loi et qu'ils n'ont
qu'à rentrer chez eux.
Rire c'est un moyen de mettre la violence de côté. La fuite c'est pouvoir se mettre ailleurs et pouvoir
casser la logique de la répression, on pourrait ainsi créer un lieu meilleur avec la police où il y a des
gens comme nous qui travaillent.
La fuite peut être stratégique.
J'ai subi la violence dans ma famille, je l'ai subi aussi dans la rue. La violence n'apporte que des
problèmes c'est pourquoi je crois à la non violence comme moyen de résolution des conflits.
Pour terminer laissons la conclusion à Jacques
« SI ON NE REVE PLUS C'EST QU'ON EST MORT ! »

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La vidéo de cette journée par Anonymal

Message  Le_Pandu le Dim 22 Jan - 13:58

Voici le lien vers le site d'Anonymal et la vidéo de cette rencontre au Jas de Bouffan

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