Mouvement ou processus ?

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Mouvement ou processus ?

Message  Le_Pandu le Mar 10 Jan - 11:53

Je préfère parler de processus plutôt que de mouvement Démocratie Réelle.
Un mouvement nos concitoyens ont l'habitude d'en voir tous les ans depuis des décennies, avec mégaphones, tambours et slogans, et ils en sont depuis longtemps lassés tandis que les oligarques savent depuis longtemps comment les canaliser/les ignorer. Un mouvement ne va que dans un sens a un début et une fin et ne crée rien, il se contente d'être la démonstration d'un refus. Un processus s'étend partout où il s'avère pertinent et ne s'arrète pas une fois entamé, gagnant au contraire en force par les structures qu'il génère et sur lesquelles il peut s'appuyer afin de se renforcer. Et les oligarques n'ont pas développé de modèle particulier pour contrer un processus en cours ! Pour moi ce mot au contraire du mouvement implique une idée de construction et de changement pérenne, un mouvement déplace mais un processus transforme.

Moi aussi à la base, j'aime le mot mouvement, c'est juste que je considère qu'il fût par trop galvaudé, et que pour produire quelque chose de novateur, partir d'une terminologie novatrice aide, enfin personnellement m'aide, à me/se mettre dans une disposition psychologique propice.
Bien sûr, les actes sont la finalité (enfin ce serait plutôt la société nouvelle résultante des actes), mais il ne faut jamais sous-estimer la capacité d'un mot bien choisi à être un accélérateur de la propagation d'une idée, d'un mouvement ou d'un processus.

Une amie dans la Démocratie Réelle m'a fait remarquer que pour elle "Dans le mouvement, il y a effectivement l'idée de changement, de déplacement, mais aussi l'idée de communication et d'interactivité, car le mouvement serait plutôt une interaction qui ferait que..., laissant justement la possibilité d'un changement ou non de direction, de l'action ou d'une évolution, bref, un mot qui tend vers l'ouverture... Le processus induirait davantage une "programmation", une suite d'événements inéluctables ne laissant aucun choix ou échappatoire et qui ne laisserait pas de place au côté "humain", avec ses émotions, tout le côté vivant, qui font justement que tout peut changer car nous ne maîtrisons pas toutes les connaissances nécessaires à connaître de façon... évidente (!?) notre futur (... et heureusement...). "

Je comprend tout à fait quel sentiment conduit à adopter le point de vue de cette amie, mais ce que je voulais initialement dire ne porte pas tant sur une définition précise du terme mouvement, que sur le ressenti, l'image générale qui est la plus globalement et communément partagée au sujet de ce mot par nos concitoyens. Quand on parle de personnes qui contestent quelque chose (comme les "Indignés", terme sur lequel je reviendrai ultérieurement) et qui forment un mouvement, quelle est la première image qui vient spontanément à l'esprit de la grande majorité de nos concitoyens ? Une manif'. Encore et toujours, une éternelle manif, ou bien une grève, bref au yeux de nos concitoyens quelque chose de très habituel, qui a déjà été répété maintes et maintes fois avec au mieux peu de résultats et de moins en moins ces dernières années, en tout cas des résultats superficiels et pas des changements de fond.
La Démocratie Réelle a t-elle à gagner à ressembler à quelquechose qui a déjà été fait et refait sans résultat notable ? Je ne pense pas. Nous voulons propager horizontalement un renouveau de la conscience démocratique, et rien ne constitue un meilleur vecteur de propagation qu'une idée neuve, donc portée par des mots qui n'ont pas encore été usés.

Le processus appellerait à une programmation, une suite d'évènements inéluctables et sans choix ? Je comprends ce ressenti, mais je tiens à rappeler qu'un processus peut être fermé ou ouvert. Un processus peut tout aussi bien être un code d'instructions basiques, qui en se répliquant et en se propageant peuvent être à la base d'une infinité de formes possibles, et c'est bien entendu d'une telle sorte de processus que je parle. Ainsi considéré, l'impression de force de progrès inéluctable demeure tout en laissant pleinement le libre-arbitre. La vie est ainsi faite, elle est en ce sens un processus basé sur un code unique, l'ADN, mais présentant une incroyable arborescence de formes. C'est cette vision que je porte à votre regard lorsque j'évoque le processus de Démocratie Réelle


Le_Pandu
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